Accoucher sous hypnose

Isabelle Gravillon (Article publié sur le site : famille.fr le 26.09.12)

Plutôt que d’accoucher sous péridurale, certaines femmes préfèrent recourir à d’autres moyens pour lutter contre la douleur. Par exemple l’hypnose. Une technique à la portée de toutes les futures mamans.

Halte aux idées reçues !

Ce mot d’hypnose fait parfois peur. On s’imagine plongé dans un sommeil profond par un hypnotiseur qui aurait alors tout pouvoir de nous faire faire ce qu’il veut. La réalité est bien loin de ce folklore ! Sans nous en rendre compte, nous passons tous au cours d’une journée par des transes hypnotiques : ces moments où le corps et l’esprit sont complètement dissociés, où l’on effectue des gestes de manière mécanique, sans y penser, pendant que l’esprit vagabonde ailleurs. Lors des séances de préparation à l’accouchement se déroulant pendant le dernier trimestre de la grossesse, les femmes apprennent à atteindre volontairement cet état hypnotique de dissociation entre le corps et l’esprit.

Un antidote contre la douleur

De nombreux scientifiques se sont intéressés de près à ce qui se passe dans le cerveau pendant une transe hypnotique. Leurs conclusions ? Il semblerait que, dans cet état intermédiaire entre veille et sommeil, le cerveau réagisse très différemment aux messages de stress et de douleur qu’il perçoit : au lieu, par exemple, de secréter de l’adrénaline, hormone excitante, il se met plutôt à fabriquer de l’acétylcholine, une hormone calmante et des endorphines, des hormones antidouleur. L’hypnose permet donc de se fabriquer à volonté son propre antidouleur et de le faire agir à l’endroit précis où on en a besoin, en l’occurrence pour l’accouchement, au niveau du ventre, du sexe et des cuisses.

Hypnose, mode d’emploi

Comment se déroule une séance d’apprentissage de l’hypnose ? D’une voix très douce et berçante, l’hypnothérapeute demande aux futures mamans de fermer les yeux, d’adopter une respiration ample et profonde et de visualiser une scène agréable. Très souvent, ce sont des souvenirs de vacances mais c’est à chacune d’aller vers ses propres envies. Assez vite, elles se laissent emporter ailleurs par la voix du spécialiste, ses silences, les images qu’elles se projettent. Elles ne dorment pas, perçoivent tout ce qui se passe autour et pourraient entendre les ordres de la sage-femme pendant l’accouchement mais elles ne ressentent plus la douleur.

Seule à la barre

Le jour de l’accouchement, le thérapeute ne sera pas là et la femme devra parvenir toute seule dans cet état d’hypnose. Cela nécessite de s’entraîner souvent chez soi avant le jour J. On peut aussi s’aider d’un CD musical : dans ce cas, mieux vaut prendre la précaution de se renseigner auprès de l’équipe de la maternité pour savoir s’il sera possible de le passer dans la salle de travail pendant l’accouchement. Certaines maternités ont des sages-femmes formées à l’hypnose qui peuvent alors être d’un grand secours.